Pergola en bois : classes d’emploi et essences selon le guide COBEI
Un ouvrage sans DTU, mais pas sans référentiel
Il n’existe pas de norme propre aux pergolas en bois. Le guide de conception des ouvrages bois exposés aux intempéries, dit COBEI, publié en juin 2022 par le CODIFAB et France Bois Forêt sous maîtrise d’œuvre FCBA, l’écrit en ouverture du paragraphe qu’il leur consacre : « Il n’existe pas de règles ni de DTU spécifiques à la réalisation des pergolas en bois. Ces ouvrages sont assimilables à des « petits ouvrages de charpente » si ce n’est qu’ils ne sont pas structuraux. Ils ne relèvent donc pas du NF DTU 31.1. » Il leur applique néanmoins la logique développée pour les ouvrages structuraux, et les traite dans son paragraphe 3.1, au sein du chapitre sur les éléments menuisés.
Cette page rapporte ce que ce document établit, citations et tableaux à l’appui. Le guide procède en deux temps indissociables : il affecte une classe d’emploi à chaque pièce selon son exposition, puis renvoie à ses tableaux d’essences, en durabilité naturelle comme conférée.
L’objectif que le guide se fixe
Il est utile de le connaître avant de lire les tableaux, car il conditionne tout le reste. Le guide énonce deux critères : « Salubrité de la conception, en tous points, conduisant au maximum à une affectation en classe d’emploi 3.2 » et « Longévités visées : L2 (50 à 100 ans) pour les ouvrages structuraux et au-delà de 30 ans, pour les autres ouvrages dans la longévité L1 (10 à 50 ans). »
Il assortit ce second point d’une mise en garde explicite : « les longévités visées par les prescriptions du guide correspondent à un objectif technique. Elles ne peuvent en aucun cas être assimilées à une garantie assurantielle. »
Comment une classe d’emploi est affectée à une pièce
Le raisonnement croise la conception de la face, le climat et la massivité.
Pour l’écoulement longitudinal sur la face supérieure, le guide retient trois niveaux de conception selon l’angle avec l’horizontale : drainante de 75 à 90 degrés inclus, moyenne de 15 à 75 degrés inclus, piégeante de 0 à 15 degrés inclus. D’autres règles s’appliquent séparément à l’écoulement latéral, aux faces latérales et au bois de bout, qui obéissent chacune à leurs propres seuils.
Le climat est apprécié par le nombre de jours moyen par an où les précipitations dépassent 1 mm, avec trois tranches que le guide nomme : climat Sec en dessous de 100 jours, Modéré de 100 à moins de 150, Humide à 150 jours ou plus.
La massivité se décline en trois catégories, faible, moyenne et forte, selon l’épaisseur. Pour une pergola, le guide donne les poteaux en massivité moyenne à forte, et les longerons, chevrons et liens en massivité moyenne.
Le guide énonce par ailleurs un principe qui commande toutes ces affectations : « L’affectation globale d’un élément en bois s’effectue en retenant l’exposition constatée la plus pénalisante. Une zone spécifique sur un élément peut déclasser tout le reste ! »
Le guide retient enfin, pour une pergola, la situation « pleinement exposée » comme « le cas le plus courant, et défavorable ».
Ce que le guide dit, pièce par pièce
Poteaux. « Les faces latérales des poteaux sont verticales et en situation de conception drainante. » L’attention « doit être portée » sur les extrémités hautes et basses, en bois de bout, et sur les assemblages avec les liens et les poutres et solives de rives.
Longerons. « Les longerons sont horizontaux. Si la face supérieure n’est pas inclinée, la conception est donc piégeante […] ce qui conduit à une affectation en classe d’emploi 4 pour les climats Modéré et Humide et 3.2 pour le climat Sec. » Le guide indique ensuite la correction attendue : « Afin de ramener cette affectation en classe d’emploi 3.2 au maximum, il y a lieu de conduire à minima à une conception moyenne pour les climats Modéré et Humide. » Il ajoute que « la face latérale des longerons est affectée en conception drainante (hauteur de retombée exposée < 23 cm) » et que « les différents assemblages qui concernent les longerons doivent conduire, au plus défavorable, à une conception Moyenne ».
Chevrons. Le guide se contente d’un renvoi : « Identique aux longerons. » Les chevrons héritent donc de la même affectation et des mêmes exigences d’assemblage.
Liens. « La pente des liens, généralement inférieure à 75° (par rapport à l’horizontale) les conduit en conception Moyenne pour la partie courante de la face supérieure […]. » Cette zone ressort en classe d’emploi 3.1 pour le climat sec et 3.2 pour les climats modéré et humide. Le guide ajoute que « la face latérale des liens est affectée en conception Drainante (hauteur de retombée exposée < 23 cm) » et que « les assemblages des liens doivent être travaillés pour aboutir à une conception Moyenne à minima ».
Les solutions que le guide retient
Pour les faces supérieures, le guide retient deux dispositions différentes selon la pièce. Son paragraphe « Description des solutions retenues » en détaille beaucoup d’autres, assemblage par assemblage.
Pour les chevrons, le guide décrit un usinage : « Pour la face supérieure des chevrons, un délardement monopente avec angle minimal de 15° est réalisé pour la conduire en conception Drainante. »
Pour les longerons, il retient une protection rapportée : « La face supérieure des longerons est horizontale et donc en conception Piégeante. En conséquence, elle est protégée par capotage ou bande EPDM. »
Les quatre niveaux de longévité
Le guide reprend du fascicule FD P 20-651 une échelle à quatre niveaux, dont deux sont des plages :
- L3 : longévité supérieure à 100 ans.
- L2 : comprise environ entre 50 et 100 ans, pour l’utilisation initialement prévue.
- L1 : comprise environ entre 10 et 50 ans, pour l’utilisation initialement prévue.
- N : « Longévité incertaine, dans tous les cas inférieure à 10 ans ; solutions à ne pas prescrire ».
Trois tableaux d’essences, à ne pas confondre
Le guide en publie trois, et ils ne couvrent pas les mêmes situations. Les tableaux 5 et 6 valent pour la durabilité naturelle, bois purgé d’aubier et non traité, le premier pour les essences tempérées, le second pour des exemples d’essences tropicales. Le tableau 7 porte sur la durabilité conférée, c’est-à-dire les bois traités.
Son tableau 5, tiré du tableau 4 du FD P 20-651, compte dix-neuf lignes. En voici quelques-unes, colonnes des classes d’emploi 1, 2, 3.1, 3.2 puis 4 :
- Châtaignier : L3, L3, L3, L2, L1 avec renvoi.
- Chêne rouvre ou pédonculé : L3, L3, L3, L2, L1 avec renvoi.
- Robinier : L3, L3, L3, L2, L1, sans renvoi.
- Mélèze d’Europe : L3, L3, L2, L1, N.
- Douglas : L3, L3, L2, L1, N.
- Pin sylvestre : L3, L3, L1, L1, N.
- Western Red Cedar : L3, L3, L2, L1, N.
Le renvoi qui accompagne le châtaignier et le chêne se lit : « Uniquement en situation hors sol (ni en contact avec le sol, ni enfouis dans le sol) ».
Son tableau 6, intitulé « Exemples d’essences feuillues tropicales en durabilité naturelle », donne sept essences, azobé, bangkiraï, bilinga, cumaru, ipé, maçaranduba et tali, toutes notées L3, L3, L3, L2, L1. Comme son titre l’indique, la liste n’est pas exhaustive.
Son tableau 7, tiré du tableau 6 du même fascicule, porte sur les bois traités et donne notamment le pin sylvestre traité classe 4 en L1, le pin maritime traité classe 4 en L1, le pin noir d’Autriche et Laricio traité classe 4 en L1, le chêne rouvre ou pédonculé traité classe 4 en L1, le hêtre traité classe 4 en L1, ainsi que le mélèze et le douglas traités classe 3.2 en L1. Une note précise que « toutes les essences peuvent être traitées en vue d’une utilisation en classe d’emploi 2 ou 3.1 ».
En amont de ces tableaux, le guide décrit la marche à suivre lorsque la durée de vie obtenue n’est pas satisfaisante pour l’usage visé : il y a alors « nécessité de changer de solution (essence ou traitement) ou de modifier la conception pour changer la classe d’emploi ». Les deux voies sont ouvertes.
Questions fréquentes
Quel bois choisir pour une pergola ?
Le guide traite bien le choix de l’essence, dans ses tableaux 5 à 7, mais il le conditionne à la classe d’emploi de la pièce, elle-même fonction du climat, de la massivité et de la conception, laquelle s’apprécie séparément pour la face supérieure, les faces latérales, le bois de bout et les assemblages. Il ouvre aussi la voie inverse : « si la solution bois est figée, la situation de classe d’emploi conduira à telle durée de vie ».
Le douglas convient-il ?
En durabilité naturelle, le tableau 5 le donne en L1 en classe d’emploi 3.2 et en N en classe 4. Traité classe 3.2, le tableau 7 le donne en L1.
Le chêne tient-il en extérieur ?
Le tableau 5 le donne en L1 en classe 4, avec le renvoi limitant cet emploi aux situations hors sol, ni en contact avec le sol ni enfouies. Le tableau 7 donne par ailleurs le chêne rouvre ou pédonculé traité classe 4 en L1.
Faut-il des bois exotiques ?
Les sept essences tropicales du tableau 6 ressortent en L1 en classe 4. Elles ne sont pas les seules dans ce cas : le robinier en durabilité naturelle et plusieurs essences traitées du tableau 7 y figurent également.
Une pergola demande-t-elle une autorisation ?
Cela dépend de la surface et des règles de votre commune. Le guide COBEI ne traite pas ce point ; le service urbanisme de votre mairie répondra pour votre parcelle.